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samedi 13 août 2011

underwater raving


English title and English text. So there. All in consideration for my good old Australian mate Rod. He used to speak a little French thirty five years ago but lost it all in oblivion. Something to do with old age, maybe, and total lack of practice, surely. Anyway I'm going to write in English for some time from now on. See what happens. It should keep my English in shape in any case. And please my Australian fans. As for the other ones, the ones who speak French and only French, they have been treated very weel I should think for the past four years and they have treated me with so few nice and encouraging comments in return that I honnestly don't care that much for what they're thinking of me for the moment. Let them simmer a while in their own rancid juice; that'll teach them. If they fell on their knees and implored me to switch back to a language they coul understand, or, better still if they wrote me a cheque I'd see what I could do. But since the French have been giving me the irrits for some time French will now wait for a while and that's how it is.

Well, as everyone can see, this picture is an underwater painting. Nowhere else could one see fish but underwater and that's proof enough. It hasn't been done underwater but in my studio, after I saw something vaguely looking like that composition during one of my underwater frolics. All I had to do back home was to reproduce the shape as best as I could, with a lot of clear and dark blue, using palette knives instead of soft brushes, add some fish, naturally, and there we are.

Curiously I'm not that good at making above water landscapes in such an imaginative way. For me a tree is a tree and should damn look like a f... tree, while a piece of rock or a chunk of coral can look like just about anything I please provided it looks good. I feel freer (or is it more free ?) with underwater stuff. The subject I paint doesn't matter so much; it's what I feel that matters.
I can't do it all the time though; I'm not that free and besides people who buy paintings around here want pictures that remind them of what they liked best during their stay in Mayotte and I need their money.

The Comoros underwater and the Comoros above waters... Story to be continued. See you soon.


mercredi 28 mai 2008

Présentation


Premier article, première image, bonjour tout le monde. Un autoportrait pour commencer. Ce qui fait deux avec celui de la page de présentation. Celui en noir et blanc est un travail récent et celui en couleur date déjà de quatre ans.Dans l'intervalle j'ai pris du poids et ça se voit.Tout peintre est un jour tenté par un autoportrait. Rembrandt en a fait quelque quatre vingt. "Il devait être follement amoureux de lui-même" ai-je entendu une visiteuse de musée dire à une autre. C'est possible puisque tout est possible, mais j'en doute très très fort. Et van Gogh? Il était amoureux de sa petite personne lui aussi? Au point s'en doute de se couper une oreille, pour "voir" l'effet que ça faisait, avant de se tirer une cartouche de chasse dans le ventre. L'amour de soi n'est probablement jamais le point de départ d'un autoportrait, même chez Dürer qui était pourtant facilement complaisant. C'est à mon sens un exercice obligatoire pour tout artiste qui se respecte. Il n'est sans doute pas besoin d'en produire autant que Rembrandt et il n'est pas besoin non plus de se couper le nez ou une oreille ni de se crever un oeil pour entrer dans l'histoire de la peinture, mais c'est tout de même un passage obligatoire en ce sens que c'est le seul exercice où, même le plus artificier des peintres ne peut tricher avec sa vérité. Il est là, il se voit, il se fait. Qu'il se fasse beau ou moche n'a pas d'intérêt, il sait ce qu'il fait. Pas moyen d'arranger quoi que ce soit sans le savoir. Pas question d'ignorer une erreur ou une insuffisance. Les prétentions se taisent et il est impossible au peintre de se découvrir autrement qu'en personnage tout à fait ordinaire au fur et à mesure de l'avancement du travail. Un autoportrait est d abord, et peut-être avant tout, un exercice d'humilité. Les artistes ont des ego très développés et ceux qui se targuent d'être modestes ont souvent de bonnes raisons de ne pas se vanter de leur travail. Mais si la modestie ne lui sied pas l'artiste se doit d'être humble. Et il n'est pas obligé de le dire. La modestie est une valeur sociale alors qu'on peut fort bien être humble seul à seul avec soi. L'origine de la force de création sera toujours inconnue à l'artiste, et même au sommet de son art il n'en sera jamais le maître mais toujours l'exécutant, plus ou moins zélé, plus ou moins juste, plus ou moins fidèle.
Je n'ai jamais rien lu sur ce qui pousse les peintres à faire leur autoportrait. A côté de l'exercice obligatoire chaque artiste doit avoir ses raisons à lui de vouloir se représenter. Je connais les miennes. J'ai dû peindre ou dessiner une bonne douzaine d'autoportraits et il y en a au moins dix que j'ai faits lorsque j'étais au plus bas. Envie de rien, et de personne, bien naturellement; confiance évaporée; ce que je fais est laid, ce que je fais est nul, ce que je fais est sans la moindre once de promesse et n'a aucun avenir. Tout étant dépourvu d'intérêt rien n'en aura jamais. Autant en finir tout de suite et s'épargner ainsi les désillusions inévitables et les efforts inutiles. Juste un dernier autoportrait avant de s'emplâtrer dans un big bang final, juste un dernier face à face avec cette tête à claques qui ne m'a jamais causé que des soucis, et puisque je suis incapable de conférer la moindre dose d'éternité à tous ces sujets qui me sont extérieurs, juste voir si la contemplation prolongée de mon petit moi-même peut déboucher sur la création d'un nouvel objet. Encore un autoportrait Monsieur le Bourreau! Puis, une fois le travail commencé, ou à tout le moins une fois que la toile est posée sur le chevalet et le miroir correctement orienté, travailler pour voir si je suis aussi nul que ça, ce qui représente déjà un progrès puisque place a été faite à une question aux dépens d'une morbide certitude. Le drame s'éloigne, l'angoisse attend, toujours la même, toujours aussi puissante, toujours prête à rejaillir, mais elle attend son tour, reléguée à la deuxième place, et dans cet espace ainsi créé la main peut prendre la direction des opérations, et elle prend le temps qu'il lui faut, la main, et je lui laisse tout le temps dont elle a besoin pour mesurer, pour corriger une ligne, rectifier une courbe, effacer, recommencer, insister sur un trait, adoucir une ombre, et peu à peu un visage apparait, le mien, des yeux se révèlent, les miens, et la bouche, pas aussi lippue que je le souhaiterais, mais la mienne, et le nez, plus tordu que je ne me le serais dessiné si j'en avais fait le dessin originel, mais c'est mon nez à moi et tous ceux qui me connaissent vous le confirmeront, et les oreilles qui s'agrandissent avec l'âge semble-t-il, et les cheveux, jamais aussi gris qu'aujourd'hui, et ce cou, opéré, cicatrisé, opéré à nouveau, engraissé au niveau du menton, ah! si je pouvais perdre du poids, et je suis là, plus gauche, plus approximatif, plus hésitant que lorsque je suis dans le miroir, mais plus vivant, et n'est-ce pas ça qui compte? Le miracle s'est une nouvelle fois produit. Le peintre et son autoportrait, à la fois sujet-objet, exécutant-critique, tout cela à la fois, acteur et metteur en scène du plus absolu centrage sur soi-même, qui ne peut ouvrir que sur la mort ou sur une nouvelle étape. Le test est réussi. L'angoisse a reculé dans les coins les plus sombres de mon être, ceux qui n'apparaissent jamais sur le blanc de mes toiles. Je ne suis pas aussi nul que ça puisque j'ai réussi à m'arracher à moi-même. Oh je ne me suis pas fait très souriant, pas cette fois ci, pas encore. J'ai pourtant fait ce que j'ai pu, mais le moyen d'être à la fois concentré et souriant? Je ne suis sans doute ni tout à fait assez vieux ni tout à fait assez sage pour être tout cela en même temps. La prochaine fois peut-être...