mercredi 1 juillet 2009

convalescence


Toujours aucun contact établi par les médias ou les aff. Cul.* Je reprends doucement le dessus. Après tout, être ignoré par les boeufs est sans doute preuve de qualité. De toutes façons, au point où j'en suis rendu et avec ce que j'ai déjà produit, mon travail survivra aux intellos lecteurs de Télérama, aux journalistes audio et visuels et aux autres imbéciles. Il survivra même à RFO. Qui se souvient aujourd'hui des journaux que lisaient Van Gogh ou Gauguin?

Quelques exercices pour passer le temps. Je fais des choses comme ça quand je m'ennuie; ça me permet de continuer à peindre quand je n'ai plus envie de peindre.*
Merci à mes clients; merci à ceux qui m'aiment.



* aff.Cul = affaires culturelles

*la jeune femme qui a posé ne désire pas être reconnue; même à l'état d'étude. C'est très dommage parce qu'elle a de beaux yeux. Le tableau, lorsqu'il sera fini, sera donc exposé en métropole.

lundi 22 juin 2009

gueule de bois; lendemain d'expo

Moustoifa

Racines

Pas un mahorais, ni bien sur une mahoraise. Une poignée d'anjouanais avec leurs épouses métro et quelques comoriens faciles à trouver parmi les cadres de Sandragon.J'aurai passé seize ans à Mayotte, enseigné quatre ans à deux douzaines de classes, j'aurai aidé à s'entraîner cinq équipes de foot, dont une hissée à la division supérieure à la fin de la saison, j'aurai peint plus de 800 tableaux en seize ans et je n'ai vu hier soir pas un ancien ami, pas un ancien élève, pas un ancien footballeur. Beaucoup m'avaient promis; croix de bois croix de fer, sur la tête de ma mère, aucun n'a tenu. Nous sommes à Mayotte. Indubitablement.

Très peu de questions; pas une demande d'interview. L'intérêt des médias diminue d'année en année. Pas un journaliste de RFO non plus, ni de radio ni de télé. Soixante tableaux correctement exécutés, ce qui partout est rare, sérieusement et individuellement encadrés, ce qui est encore plus rare, présentés dans un endroit vaste, lumineux et passant, rarissime dans toute la région et pas si fréquent ailleurs et croyez-vous que les ronds de cuir incapables de RFO se soient fendus d'un seul coup de fil? D'une seule question? D'une seule visite? RFO est composée de fonctionnaires incultes vantards et inamovibles. Quelle intelligence, quelle idée nouvelle peut-on trouver dans un panier pareil.

Pas un membre de l'intelligentsia locale, ni du côté de la préfecture ni du côté de la collectivité. Et ne s'est pas fait connaître un seul professeur d'arts plastiques. Décidément les élites ne m'aiment pas. Ont-elles plus de goût que moi? C'est pas gagné. -La seule bonne chose de la soirée c'est que, tétanisés sans doute par la munificence de la prestation ils sont restés sans voix et, pour la première fois peut-être aucun de ces discoureurs inutiles n'est venu me faire des critiques ou me donner des conseils
(pour mon bien)

Deux solutions ce soir 1-- je suis nul et ça doit se voir puisqu'aucun membre de l'intelligentsia cultivée ne me courtise.

2 --Les nuls ce sont les autres, tous ceux et celles cités plus haut

Ce sont les niais bien sur qui ont tort mais même cette éblouissante vérité ne suffit pas à me rasséréner. Je suis fatigué, vraiment fatigué.

J'envisage aujourd'hui très sérieusement de quitter Mayotte, une île où je n'aurai jamais connu d'attaches, où je n'aurais entendu que des exigences, connu que des déceptions, des fanfaronnades, des trahisons. Une île peuplée à 98% d'enfants gâtés et envieux qui passent du temps à nous dire qu'ils ont souffert alors qu'ils n'ont jamais vraiment souffert puisqu'ils n'ont jamais eu moins d'une année sur l'autre. Souffrir ce n'est pas ne pas avoir (réflexe d'enfant capricieux); souffrir c'est avoir eu et ne plus avoir. Il suffit de demander aux voisins. La maturité des peuples passe peut-être par là.
Je suis fatigué de lutter seul alors que me quitte progressivement tout espoir de pouvoir transmettre ce que je sais au premier volontaire venu. Ce que je suis ne séduit plus; ce que je fais ne séduit pas. Il est temps de songer à partir. J'ai envie de dormir longtemps, longtemps; le plus longtemps possible


ruelle de Mutsamudu



la femme en jaune

samedi 6 juin 2009

Invitation à un vernissage et un concert


Ceci est, pour les lecteurs et lectrices de mon blog, une invitation à un vernissage.
Il aura lieu le dimanche 21 juin, à 19 heures, dans la galerie marchande de Jumbo Score, ouverte pour l'occasion.

La photo ci-dessus représente le chanteur Langa (avec la guitare) et son comparse et disciple Bokelo; Langa est aveugle depuis toujours.
Le tableau fait 2 m x 1,50m. C'est le dernier grand format d'une série qui en comporte cinq et qui constitue mon "portrait de Mayotte".

Ce tableau ne sera pas à vendre au moment de l'expo. Entre Langa, Bokelo et moi il a été convenu que le prix de la vente du tableau sera partagé en trois parts égales, une pour Langa, une pour Bokelo et une pour moi. Il a également été convenu que c'est moi qui déciderai de l'occasion où ce tableau sera vendu. Un jour, s'il plait au Ciel, il trouvera acquéreur fortuné, aux enchères probablement, et si nous ne sommes plus de ce monde nos enfants se le partageront.

Pourquoi Langa?

A cause d'un cri pour commencer; dans l'une de ses chansons; un cri long et fort qui m'a fait frissonner un soir, lors d'un de ses concerts. Un cri comme en poussent de temps à autres la plupart des chanteurs africains, tel Salif Keita par exemple, un cri avec lequel le chanteur se donne, s'expose et rassemble. C'était il y a plus de dix ans et c'était la première fois que j'entendais Langa. J'ai eu ce soir là la certitude d'un homme authentique, généreux et puissant.
Puis je l'ai vu. Je l'ai vu chantant, je l'ai vu aveugle.
A quoi occupe-t-on un enfant aveugle, à la campagne? Personne ne sait quoi faire et tout le monde est bien embêté. Par contre un enfant aveugle qui aime chanter et faire ses chansons on le laisse chanter. Et c'est sans doute à sa cécité que Langa doit d'être ce qu'il est, un homme entièrement libre de lui-même et de sa création.

Au pied de Langa se trouve une de ces briques de vin bon marché qu'on achète pour pas cher dans les boutiques qui ferment tard le soir. Langa ne se déplace ni ne chante sans sa brique de vin. Lorsque j'ai eu envie de faire un portrait de Langa j'ai aussi eu envie de dessiner la brique de gros vin rouge. Il ne viendrait à l'idée de personne de représenter Marley sans son pétard et ce qui est bon pour Marley est bon pour Langa. Je lui ai bien sur demandé ce qu'il en pensait, lui précisant que je me plierais volontiers à son choix. Il m'a répondu que c'était moi l'artiste et que c'était donc moi qui choisissait. C'était parole d'homme libre et la brique de gros vin sera donc sur le tableau.

La photo ci-dessous est celle de mon tout dernier auto portrait. Le dernier date de quatre ans maintenant et lorsque mes visiteurs le voient dans l'atelier ils me regardent et comparent, automatiquement, et les plus mesquins d'entre eux me disent que "je me suis arrangé". Il était donc temps de faire une mise au point.

J'espère vous voir le dimanche 21, à 19 heures donc.
A bientôt


vendredi 15 mai 2009

Marcel il est gentil


Marcel il est gentil.



J’aurai au moins gagné ça.

« Mais l’émotion ! Marcel ; l’émotion !... Elle est où l’émotion ?? »

Derrière son micro Mademoiselle Abassi s’agite. Paupières et cils, tête toute entière, épaules, mains surtout, poitrine, et fessier sans doute, sur la chaise du studio, tout s’est mis à bouger, vite et sans prévenir.

« Votre coq par exemple ! Là où il est il fait quoi ? Elle est où l’émotion dans ce tableau ?! Un coq ça chante !»

Mademoiselle Abassi n’a pas aimé non plus les femmes du Debba ; les mains ne sont pas en "synchronicité" et « …elle est où la ferveur religieuse dans ce tableau ?? »

L’émotion encore et toujours, celle qui manque et qui fait qu’on s’agite quand elle n’est pas là. Sans cette émotion mes tableaux sont gentils et moi avec par la même occasion.
Ils sont gentils les tableaux du Marcel.
Mièvre. C’est le mot qui compte. Mes tableaux sont-ils mièvres ? Mes écrits et moi-même ne le sommes pas. Pourquoi mes images le seraient elles ?

Quel est l’intérêt de représenter le sordide ? Quel est l’intérêt de représenter la réalité toute entière ? Dans la réalité je choisis ce que je veux. Et ce que je veux ne correspond pas à ce que veut Mademoiselle Abassi. Moi je trie pour faire joli ; Elle, elle choisit l’émotion. Elle a le droit. Mais son émotion provient du réel ; pas d’un arrangement de celui-ci, surtout si l »arrangement est destiné « à faire joli ». Là les tableaux deviennent gentils. Voire mièvres

On me l’a déjà dit. Une Anjouanaise, un soir à Nantes. Tout le mépris du monde dans ses yeux. J’étais pis qu’un valet ; un esclave peut-être. . Je servais le beau, j’étais donc servile. Une Anjouanaise de Mutsamudu, une aristocrate. Poil aux pattes.

Rendre belle la réalité est perçu comme un mensonge voire une veulerie.
Je sais la différence entre joli et mièvre. Vermeer est joli, d'aucuns même diraient beau ; Greuze est souvent mièvre. Millet est limite limite et Franz Hals n’est jamais ni mièvre ni cu-cu, bien que tout le monde sourie toujours sur tous les tableaux qu’il a peints. Même son chien a l'air de passer un bon moment. En me rabaissant ainsi l’aristocrate Mutsamudienne exprimait sa rage que l’on trouvât beau et présentable ce qu’elle-même haïssait puisque n’y pouvant vivre. Il y a de l’envie et de la jalousie là dedans.
D’une Mutsamudienne également, mais courtoise celle-là, qui me disait que les rivières et les lessives qu’on y faisait "n’étaient pas aussi bien que ça. Loin de là!"Pas de mépris dans sa voix. Une trace de regret, de nostalgie ? Pas la moindre, sinon dans mes fantasmes. La recherche du beau et le soin qu’il exige ne confèrent ici, à Mayotte et probablement aux Comores nulle reconnaissance particulière. Nulle « émotion » pour citer Mademoiselle Abassi. Embellir le réel est une perte de temps. Un amusement dont on s’étonne qu’il puisse entretenir son homme.

C’est donc la notion de ce qui est beau qui varie d’une culture à une autre, ce qu’on savait déjà, mais, et on va dire que je radote, si tel est le cas, quel peut bien être l’intérêt d’avoir et d’entretenir des professeurs d’arts plastiques ? Au prix que ça coûte!

Sinon ça va. L’expo de juin se prépare en douceur. Celle en cours m’a valu une pleine page dans Mayotte hebdo, celui qui l’est bon celui qui l’est beau en plus de contacts renoués et de rencontres prometteuses. Histoire à suivre.

mercredi 6 mai 2009

Réflexion




A côté ça ne va pas du tout. Ca crie et ça crie dur. Le premier vrai éclat entre ma voisine et son homme date de quelques jours, quatre tout au plus. Un ton acerbe ; un ton qui met en alerte. Puis il y eut d’autres éclats, avec une sœur cette fois ci, tout aussi hard. On y comprenait le mot jalousie. Il y eut aussi un bref éclat avec une autre dame, une tante ou une belle sœur, habitant à demeure, qui a tout vu et entendu et qui bien sur n’a rien fait ni n’a rien dit . Ca se calme parfois puis ça reprend. Il y a aussi la demi douzaine de pervers polymorphes qui profitent de l’ambiance pour tester à nouveau les limites de chacun. Juste à côté on a une tante et pas loin il y a deux belles soeurs. Les mères et les enfants sont là entre elles et eux, donc chez elles et chez eux, qui criant qui piaillant et qui piaillant plus fort s’il y a quelque chose à gagner. Et tandis que les femmes vaquent à leurs affaires de mères, les hommes, certains loin d'ici, vaquent à leurs affaires d'hommes. C’est plié. Le pauvre garçon n’a aucune chance. Il négociera ou s’en ira. Denam'neyo.

Ici le foyer commence là où il y a l’enfant. Celle qui le fait et qui l’alimente.
Chez nous, les gens du Nord, il commence avec le feu ; celui qui le fait et qui l’alimente.
Question de priorité.

dimanche 3 mai 2009

Invitation à un vernissage




C'est le lundi 11 mai, à 18 heures, et c'est dans le nouvel et confortable espace d'exposition du service culturel. Juste à côté du Conseil Général

Ces trois panneaux y seront, ainsi que sept autres, plus une ou deux séries sur la progression du travail, jusqu'au tableau fini. J'espère ainsi permettre à tout un chacun, et tout spécialement au public jeune de comprendre "comment ça marche"!et peut-être de s'y intéresser.

Parallèlement je poursuis la préparation de la vraie expo, celle du 21 juin.

Soyez gentils, faites circuler l'information.

Pour ce qui est de la question de l'article précédent, Lunembul qui ne lit pas les blogs en ce moment, a donc perdu toute chance de gagner quoi que ce soit, tout comme Mickamayotte qui ne fait aucun effort. Il s'agissait de la mosquée de Sada, vue de la plage.

A plus

mercredi 29 avril 2009

Question à Lunembul...et aux autres

C'est où, ça?